Jean Baro (France)

 Je suis un photographe autodidacte, non spécialisé. Je pratique aussi bien la photo d’architecture que de nature, la macrophotographie que la chasse photo essentiellement ornithologique. Mais j’ai une prédilection certaine pour les matières, les contrastes colorés, l’ambiguïté des reflets multiples, le scintillement des lumières sur les chaussées humides, les graphismes des constructions humaines ou des jeux d’ombres dans un bois. Ma démarche photographique : La recherche d'une autre réalité Tout le monde fait de la photo souvenir, de la photo « documentaire ». Dans mes expositions, je veux casser l’idée que la photographie est une représentation objective de la réalité. J'affirme ma subjectivité face à une chose rencontrée. Je veux faire " œuvre d'art" de la banalité que le passant côtoie quotidiennement sans la voir parce qu'il ne la regarde pas. Je photographie sans artifice, sans mise en scène, sans superpositions d'images, sans manipulation informatique de la réalité. Je travaille en photographe "à l'ancienne" et non en infographiste qui manipule génétiquement ses images. Je représente la réalité "documentaire" de ce que j'ai devant moi. Par le seul jeu du cadrage, de la profondeur de champ, je transforme le vision immédiate de la chose en une autre réalité qui paraît souvent immatérielle. J'abstrais donc le réel sans le dénaturer. Dans une exposition photographique, le spectateur vient voir des photos, il s'attend donc à voir la représentation "documentaire" des choses. Dans mes expositions photographiques, il se retrouve confronté à une chose qu'il ne reconnaît pas de prime abord, qu'il n'attendait pas. Face à ce réel document photographique, il se retrouve dans la même position que face à un tableau non représentatif. Son imaginaire prime sa raison. Il "voit" une chose, alors que ce qu'il regarde est souvent à cent lieues de cette "réalité" purement imaginée. Il est soumis en premier lieu à ses sensations. Le "J'aime" ou "Je n'aime pas", l'attirance ou la répulsion, priment sur la vision, la compréhension. Je ne pars jamais avec comme seul but de faire de « l’abstrait ». Dans mes randonnées pyrénéennes ou le long des côtes bretonnes, lors de mes affûts au bords des étangs en attente de l’oiseau rare, dans mes balades caussenardes ou citadines, les photographies liées aux belles lumières sur un paysage, aux graphismes d’un paysage urbain, à l’intérêt historique d’une architecture, s’imposent d’elles même dès l’instant où l’on a un appareil photo à portée de mains. Robert Capa ne disait-il pas :"La photographie existe, il suffit de la prendre" ? Mais, parallèlement, je suis en constant éveil du détail, du cadrage qui va faire basculer la représentation documentaire dans l’abstraction onirique, dans l’abstraction picturale. Je veux juste amener au spectateur la simple émotion colorée d'une peinture abstraite, le concilier avec l'abstraction lyrique ou graphique paradoxalement au travers d'une représentation du réel.

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